Ce soir, nous avons décidé de nous rendre à l’improviste parmi les élèves adhérents à l’AS, le jeudi soir.
Bon. Nous voici dans la place. Pour l’instant, il n’y a pas grand monde. On se renseigne : ce soir, c’est musculation, et basket. Nous nous posons donc devant la salle de musculation. Un vide total. Quelques éclats de voix parviennent des vestiaires, et enfin, les premiers élèves arrivent. D’abord deux. Trois. Cinq. Une dizaine est déjà présente lorsque le professeur ouvre la salle. C’est une grande pièce, au mur des miroirs, le sol recouvert par des tapis. Les élèves se sentent tout de suite chez eux. La plupart s’exclament : « chouette, les tapis ! » Les discussions fusent de partout, certains même commencent déjà à exécuter des figures sur le sol, lorsque le professeur les rappellent à l’ordre : « On s’échauffe d’abord, on s’échauffe ! ». Quelque consciencieux l’avaient déjà fait, mais les autres durent le faire. Pas de rechignement. Quelques élèves passent encore la porte. Au final, ils sont une vingtaine.
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Il est 18H15. Après l’échauffement, les premières figures commencent. Tiens. Je croyais que c’était musculation ? Ha mais oui : une dizaine a investit les machines. Mais les autres préfèrent la gym. Qu’importe. L’UNSS, c’est plutôt libre. Et surtout, ça marche : « Mais comment tu fais ça ? » s’interroge une jeune fille, en regardant une « roulade à deux ». « Attends, je vais t’apprendre ! » en renchérit une autre. Et c’est parti pour la séance d’apprentissage. Et en autonomie, s’il vous plaît, sous l’œil attentif du professeur.
Du côté musculation, les élèves font du va et vient entre les machines. Vélo, haltérophilie, tout y passe. Mais chacun a sa machine préférée. Pas de guerre par contre. On patiente, on essaye autre chose.
Curieusement, la répartition entre filles et garçons est loin d’être disproportionnée. Quasi équitable. Bien que les garçons soient majoritairement en musculation, on en trouve certains en gymnastique. Et réciproquement, d’ailleurs.
J’interroge une des filles, Ariane :
« Pourquoi je viens ici ? D’abord pour le sport, ensuite pour l’ambiance. Mais le gros problème », me dit elle, « c’est que les horaires du Lycée ne sont pas très adaptés à ce genre de pratique. Et comme je suis interne, c’est parfois un peu le souk pour aller manger, revenir, et il reste peu de temps pour travailler. »
Je croise un des garçons : « Quand j’ai du temps à perdre, je viens ici, déjà parce que ça me permet de décompresser, et parce que j’entretiens ma forme physique. C’est à double sortie. » Il renchérit : « Mais j’aimerais beaucoup que la boxe revienne, comme l’année dernière. Seulement, le professeur qui s’y connaissait n’est plus la, et personne ne peut le remplacer. Mais je ne perds pas espoir. »
Je demande au professeur quel est son rôle ici.
« Je m’occupe d’abord de l’animation. L’UNSS, ce n’est pas un cours, avec une évaluation et une note à la fin. C’est d’abord sur le volontariat des élèves, donc pour le plaisir de venir. »
Tout les élèves sont unanimes : ils viennent ici parce qu’il en ont envie. « Ce n’est en rien une obligation » lance un garçon, perché sur un vélo.
« Nous avons d’ailleurs bien plus d’élèves que l’année dernière », rajoute-elle. « Le soir, il sont une trentaine, mais entre midi et deux heures, on en a au moins une cinquantaine à gérer. C’est surtout beaucoup de collégiens. »
Je pose la question : « Y a t il beaucoup de différence entre collégiens et lycéens ? »
« Non », affirme t-elle, « mais nous laissons les lycéens plus libres.»
C’est le même principe que le voyage au self.
« Et si les lycéens demandent conseils, qu’est ce que vous pouvez proposer ? »
« Généralement, on réponds aux questions. On tente aussi, sur le désir de l’élève, d’établir un programme. »
Une élaboration de programme, ça va jusque là si on le souhaite. Comme quoi L’UNSS, c’est quand même sérieux.
Il est 18H20. Nous grimpons à l’étage, ou se déroule habituellement le basket. Nous tombons au milieu de 15 personnes en pleine organisation. L’entraînement vient de se terminer, des ballons jonchent le sol. Ce sera bientôt le match. Le professeur amène une caisse, les élèves la remplissent, pour ne garder qu’un seul ballon, après un test pour choisir le meilleur.
Les élèves se répartissent en équipes. Coup de chance, ils sont quatorze (quinze avec le professeur). Sept de chaque bord. Le professeur siffle le début du match. C’est parti pour 10 minutes.
« Vous vous auto arbitrez ! » déclare le professeur au bout d’une minute. En fait, c’était déjà le cas. La plupart des conflits et des fautes sont réglés sur le vif, sans contestation notable, et avec humour. Les équipes ont été très bien faites, le match est équitable. Tout à coup, deux personnes rentrent. Haha. Comment cela va il se passer ?
« Répartissez vous dans les deux équipes !!! » leur crie une fille, en passant près d’eux.
Aussitôt dit, aussitôt fait. Le match n’est même pas interrompu.
15 minutes plus tard, le match continuait. Les deux nouveaux redescendent en bas. Au niveau horaire, ce n’est pas un exemple de ponctualité. Mais bon, « on est là pour jouer ». Tiens, une chute ! Pas de soucis, une pause de dix secondes, et hop, ça repart. Sont solide à cet âge. Tiens, d’ailleurs, en parlant de ça, quel âge ont-ils ? Je cherche : 90% sont des troisièmes et des secondes. Répartition ? Ils sont 14 en tout. 8 garçons, et 6 filles.
18H45. « Stop ! » leur crie le professeur.
On range les maillots, les ballons. On récupère les montres, et on redescend. J’interroge la demoiselle qui a interpellé les deux arrivants, Mandy.
« Je viens surtout pour me défouler », m’avoue t-elle. « C’est pas vraiment en cours qu’on peut le faire… ! » C’est une habituée : « Je les connais tous plus ou moins, la plupart étaient là l’année dernière. ». Lorsque je lui demande son activité préférée, elle me réponds : « Je fais les deux, mais je préfèrerais du rugby. On en a fait passé un temps, c’était vraiment génial ! D’ailleurs, je voudrais monter ma propre équipe de rugby féminine. On en a déjà parlé avec les professeurs, et c’est en cours. Mais j’aimerais vraiment que ça voie le jour. Ce sera extra ! »
Un des gars, Mokthar, me dit : « Je viens surtout parce que j’aime le sport. Et puis, ça me permet de garder la forme. Je préfère le Tennis, mais bon ».
Retour aux vestiaires. Une des filles de la gym m’interpelle : « c’est dommage que vous n’ayez pas été la, on à fait une superbe pyramide ! »
Hé bien. Sacré soirée !
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Par The Lion King.
Photographie: Clic-Clac Kodak
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