«
A Favard, ils ont une bonne équipe quand même. »
«
Pas grave, on va gagner ! »
Houlà. Je commence un peu vite peut être. Revenons quelques minutes en arrière.
Il est 13h30. Nous rejoignons le bus qui stationne sur le parking de la gare routière d’Aubusson. Soutes ouvertes, les sacs s’entassent, les élèves montent. A l’intérieur, Des élèves de toutes classes confondues. Ils ont un point commun : ce sont des sportifs, et aujourd’hui, ils vont au LMB (Lycée des Métiers du Bâtiment) de Felletin, afin de disputer des matchs dans deux sports : Le Basket, et le Foot.
«
18, 19, 20… »
Le professeur les compte. Ou plutôt, les professeurs. En effet, ils sont trois. Présents : Mme Bujon, M. Esterellas, Mme Faure. Le compte est bon ??
J’écoute. On parle de tout et n’importe quoi la dedans. Ah ? Tiens ? Des projets ? Plusieurs élèves parlent de prochains matchs à venir. On sent une grande impatience à les disputer, en fait on sent beaucoup de passion. La discussion gagne de plus en plus de monde, bientôt tout l’arrière du bus débat sur de possible résultats, ponctués de plaisanteries.
«
Plus on arrive en retard, plus grande est la différence de la victoire ! » entendis-je tout à coup. Une phrase qui ne veut pas dire grand-chose, mais sans doute fondée : il est 13H40. Des élèves passent encore la porte du bus.
«
On ne savait pas si c’était au bahut ou à la gare ! » en lance un. Enfin, à 13H45, le bus démarre.
Lire la suite de l'article
Je ne saurais vous rapporter toutes les discussions entamées durant le trajet. Tellement il y en a eu, toutes aussi variées les une que les autres. A 14H00 (bel exemple de ponctualité, tout de même !), le bus entre dans la cour du LMB. Quel bel établissement ! Grand, large, un magnifique stade surplombé par une demi arène tient compagnie à un gymnase. Des espaces verts, des chemins et des panneaux.
Les footballeurs sont restés dans le bus, leur stade est plus loin. On restera avec les basketteurs, pour l’instant.
On descend. Je suis impatient de découvrir l’intérieur. Je rentre. Ha. Première réflexion, qui jailli instantanément de la bouche de la plupart des élèves : « Ça sent l’homme ici ! », terme politiquement correct pour dénoncer une odeur nauséabonde. Une espèce de grande allée, éclairée par des fenêtres vaguement dépoussiérées et trois rampes de néons grésillants. A droite, vestiaires des garçons. Des espèces de tringles métalliques avec des crochets, au fond des douches. A gauche, un large abreuvoir avec des robinets datant d’une bonne dizaine d’années. Et les vestiaires des filles. Au moins, les garçons pouvaient se vanter d’avoir de la lumière. Là, pas de douches, pas de lumière, juste deux murs formant une allée. Bon.
Pendant qu’ils se changent, faisons le tour du propriétaire. Nous montons des marches parallèles au gymnase. C’est joli de l’extérieur. Une grande cour, une belle architecture. Mais pour rentrer, comment qu’on fait ? Portes bloquées. Bon, redescendons, ils doivent savoir. Bah non. Attendons. On voit les autres équipes passer. Ils nous conduisent dans un petit couloir, puis nous montons un escalier, et arrivons dans un immense gymnase. On l’appelle « La Cathédrale ». Elle a été réalisée par les élèves du LMB (on comprend pourquoi c’est si grand, y’a de la main d’œuvre !), et est en forme de cathédrale : deux terrains, l’un le long de la « Nef », et l’autre, coincé dans le « chœur ».
On amène les ballons. Tiens, le lycée en a amené quatre ! Je me demande ce qu’ils vont faire.
« On appelle ça un plateau. Ce sont les équipes de différents Lycées qui se réunissent. »
Je m’interroge : « Mais c’est quoi la finalité ? »
« La qualification pour les tournois départementaux. Mais finalement, peu importe avec qui tu participes. Ici, il y a seulement 3 basketteurs. Le reste sont des joueurs de foot, de hand… »
« Et environ combien d’équipes ? »
« Je pense qu’il y en aura 6 aujourd’hui, avec la Souterraine et Guéret. Maxime et Hugo ! Vous arbitrez à coté, s’il vous plaît !! »
Tiens. Ça alors. Ce n’est pas un affrontement en règle alors ? C’est mélangé ? Maxime et Hugo, ce sont les deux des trois joueurs de basket de l’équipe. Ils vont arbitrer l’équipe adverse. Si ça, ce n’est pas de la formation au franc-jeu. Mais une certaine… incertitude règne entre les deux arbitres. Le professeur les rassures : « Tu peux te tromper, l’arbitre n’a pas toujours raison, mais il a toujours le dernier mot. »
Max et Hugo sont en seconde. L’équipe qu’ils arbitrent est entièrement composée de premières, de terminales, voir plus haut.
Après un entraînement, le match commence. Il est 14H25. Bleus contre Blanc, Favard (Guéret) contre le LMB. Arbitre : Jamot. La Souterraine arrive. Les niveaux sont excellents. Les professeurs discutent entre eux, commentant et surveillants les rencontres.
Ils naviguent entre les matchs, et les professeurs respectifs des différentes classes se concilient, mettent même en place une tactique. Lors des roulements, il donne même des conseils perso aux différents joueurs. On ne sent pas du tout une compétition. Plutôt un match entres amis…
Tout le monde ne joue pas en même temps, cela permet un roulement de l’arbitrage. Ah ? Premier match terminé : Aubusson : 29 à 10 !
Nous décidons d’aller voir le rugby. Il se déroule sur le stade. Bon. Pas très intéressant pour vous, vu que Aubusson n’y participait pas. Par contre, vrai match de… rugbymen quoi ! Je pense à Mandy du dernier article…
Tiens, si nous allions voir les joueurs de foot ? Premier problème. C’est où ?
« Parking des élèves et première à gauche », nous dit-on. Très bien. On tourne dans une espèce de petit chemin avec des escaliers, et enfin nous trouvons nez à mufle avec des bétonnières, des plaques de contreplaqué, et toute sortes d’outils. Enfin, après un bon quart d’heure de course à travers les baraquements, nous arrivons en face d’un grand terrain où s’agite un paquet de petite jambes. Nous descendons la grande pente, et arrivons en bas du terrain. On repère vite deux groupes, qui ont séparé le terrain en deux. Au milieu, quatre professeurs, tournés vers leur cotés respectif. Manque de bol, pas un d’Eugène Jamot. Un des professeur, tout habillé de rouge, donne des conseils, à grand renfort de ses cordes vocales. Pas très rassurant. Après 10 bonnes minutes passées à regarder la même chose, nous en passons, 10 autres à chercher le bon terrain. Une fois de plus, rien trouvé. Nous revenons au basket, ils commençaient le dernier match. Puis nous avons récupéré nos ballons, et attendu 15 minutes que les footeux arrivent.
Il est 17H00.
17H30. Après un retour plutôt jovial dont je vous ferai grâce des détails sur les conversations agrémentées de musique, les élèves rentrent enfin chez eux.
En bref, un mercredi qui a vite passé…
Mais j’y pense. Je n’ai pas pensé à demander les résultats.
Écrit par The Lion King.
Photographie: Clic Clac Kodak
D'autres photos seront à venir.
Masquer
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire